vendredi 19 octobre 2018

Tony Valente parle de Radiant !

par Eloïse Fan de mangas et de japanime, accompagnez-moi dans mes aventures ADN, folles et légèrement schizophrènes !

Tony Valente parle de Radiant !

Bonjour à tous,

Alors que l'anime Radiant est en plein simulcast, je vous propose de revenir sur une interview que Tony Valente a accordé à Anime News Network lors de l'Anime Fest 2018 aux Etats-Unis.

Plongeons-nous dans l'univers de Radiant et dans les secrets de sa réalisation.

 
Journaliste : Avez-vous eu du mal à vendre Radiant à votre maison d'édition ?

Tony Valente : Certains éditeurs ne voulaient pas publier de « manga français » au départ, mais maintenant ils le font plus volontiers grâce au succès que certains connaissent. Il y a bien plus de mangas français que le mien. Pour moi, ce n'était pas difficile mais certains éditeurs ne voulaient pas publier mon manga à cette époque. Ça représentait beaucoup d'énergie et d'argent à injecter dans un genre qui ne marchait pas bien à l'époque. Maintenant, nous avons beaucoup de gros succès et les temps ont changé.

J. : Pouvez-vous citer d'autres mangas français et nous dire pourquoi ils ne marchaient pas aussi bien ?

T. : L'un des premiers à bien marcher a été DreamLand et ça a été un moment important de l'histoire du manga français. Ça continue depuis environ 15 ans. Grâce à Reno Lemaire, il y a plein d'histoires différentes. Je suis peut-être le premier à être publié à l'international. La chance a beaucoup à y voir, le bon timing, etc...

J. : Vous vous occupez de l'écriture, du dessin, etc... Vous êtes toute une équipe à vous tout seul. Comment réussissez-vous à trouver un équilibre entre toutes ces tâches ?

T. : J'ai passé 10 mois à travailler sur le premier tome et maintenant j'en sors deux par an. Je mets environ 3 mois pour faire un tome maintenant mais tout ça peut être retardé par des séances de dédicaces et d'autres événements du genre. Comme je n'ai pas une grande compagnie derrière moi ni le pouvoir que ça implique, je dois pousser et défendre mon travail.

J. : Avez-vous eu peur que certaines parties de Radiant soient perdues dans la traduction, vu le nombre de langues dans lesquelles il a été traduit ?

T. : Bien sûr mais c'est la même chose quand les mangas japonais sont traduits en anglais ou en français. On ne peut pas faire les mêmes blagues. Le principal de l'histoire reste intact.

J. : À quel point êtes-vous impliqué dans le processus de traduction ?

T. : Je ne suis pas impliqué dans le processus de traduction mais je vérifie ce qui est fait et je demande comment certains calembours et jeux de mots sont interprétés. Parfois ils me posent des questions pour être plus précis dans leur traduction mais ça reste rare.

J. : Il y a une grande proportion de fans d'anime et de manga en France, vu que c'est dans ce pays qu'a lieu Japan Expo, l'une des plus grandes conventions dédiées aux animes et aux mangas dans le monde. Il y a eu énormément de comparaisons entre Radiant et les séries du Shonen Jump. Y a-t-il une audience particulière que vous souhaitiez atteindre ?

T. : Moi, je lis le Shonen Jump et j'aime beaucoup leurs séries. Mes préférées sont Dragon Ball, Naruto et One Piece. Quand je pense à faire un manga, je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas en faire un à la Shonen Jump. Je voulais raconter le même genre d'histoire pour plaire au genre de lecteur que je suis.

J. : Comme vous êtes fan du Shonen Jump, quels éléments de ces histoires vouliez-vous inclure dans Radiant ?

T. : Sans hésiter , des super-pouvoirs. Et de grandes scènes d'action où plein de choses sont détruites ; c'est parce que c'est ce que je vois dans les mangas. Pour les autres éléments, quand on essaie de décrire des êtres humains, naturellement, on commence à parler de ses amis et de sa famille.

J. : Êtes-vous surpris de compter parmi vos fans les mangakas Yusuke Murata et Hiro Mashima ?

T. : Ça a été une grosse surprise pour moi. Je ne suis pas sûr qu'ils comptent parmi mes fans mais ils soutiennent mon travail. Ça m'a rendu vraiment très heureux. Yusuke Murata est mon mangaka préféré et quand il a su que l'anime de Radiant allait sortir, il m'a envoyé un beau dessin pour me féliciter et m'encourager à atteindre la première place. J'étais vraiment ravi et maintenant j'en fais partie et ça signifie beaucoup pour moi.

 
J. : Qu'est-ce qui vous a inspiré pour créer le monde fantastique de Radiant ? Comment le compareriez-vous à votre BD Hana Attori ?

T. : Hana Attori est une BD française et comme les comics américains, elle est plus grande, en couleurs et fait 46 pages. Il en sort un tome par an. Quand j'ai créé Radiant, je voulais aborder plein de choses qui m'intéressaient comme l'Europe, le folklore, la sorcellerie et l'Inquisition. J'ai beaucoup lu sur la chasse aux sorcières en France, en Italie et en Allemagne. Du coup, je mets beaucoup d'Histoire dans mon histoire. Je suis un passionné de folklore européen et j'ai besoin de bien connaître le sujet et la culture sur lesquels je base mon manga.

J. : Ayant travaillé dans le manga et la BD, lequel est le plus facile à réaliser pour vous ?

T. : Le manga est le genre le plus adapté à l'histoire que je veux écrire. Je veux être très proche de mes personnages et être dans leur tête. Je veux que mes lecteurs vivent au travers de mes personnages. Quand on fait de la BD française, c'est difficile à obtenir parce qu'on n'a pas beaucoup d'espace. L'histoire est vue d'un point de vue extérieur alors on n'a pas autant de perspective. À l'avenir, on aura beaucoup de différents pays étrangers qui proposent des travaux de par le monde et je pense que les Etats-Unis joueront une grande part de cette expansion.

J. : Quel est votre personnage préféré de Radiant ?

T. : C'est une question difficile parce que je mets beaucoup de moi-même dans le héros même s'il est différent de moi. Il n'existe que grâce à ceux qui l'entourent. Ceux-là aussi sont une part de moi alors je ne peux pas en choisir un et dire que c'est mon préféré.

J. : L'histoire de Radiant est un peu tragique vu que les héros sont en fait des survivants des attaques des Némésis. Même s'ils obtiennent des pouvoirs magiques après avoir survécu, ils portent une malédiction. Pour Seth, il s'agit de cornes qui sont visibles physiquement. Comment avez-vous développé ces éléments tragiques pour votre histoire.

T. : C'est comme pour les super-héros américains qui ont des pouvoirs mais ont également un lourd fardeau à porter. Grâce à ça, je peux raconter une histoire différente. Si les personnages avaient juste des pouvoirs, ce serait une histoire normale. Ils ne seraient pas accablés par leurs pouvoirs. Par exemple, si quelqu'un peut voler, il n'a pas de limite du fait de ne pas pouvoir le dire aux autres. Pourquoi cacherait-on ça ? Les personnages de Radiant doivent porter leurs infections et sont challengés par elles. Seth doit se cacher mais à cause de ses cornes, il ne le peut pas et doit se battre contre. Les gens peuvent voir qu'il est différent, pourtant il ne veut pas qu'on le voit de cette façon. Chaque personnage est challengé par sa malédiction.

J. : La discrimination est un sujet central de Radiant. Est-ce basé sur la société française ?

T. : Oui beaucoup. Chaque période de l'Histoire a ses boucs émissaires désignés. Evidemment, en ce moment, ce sont les gens qui fuient leur propre pays à cause de la guerre. Pour avoir une vie normale, ils partent mais personne ne veut d'eux, ce qui en fait une cible facile. L'idée, c'est qu'ils amènent de mauvaises choses avec eux et en France, c'est le même raisonnement. J'ai grandi dans une région où tout le monde venait de l'immigration. Mes amis et ma famille venaient d'autres pays. Même si j'ai grandi en France, mon père venait du Portugal. Quand mon grand-père est venu en France, le Portugal était en difficulté parce qu'il y avait une dictature. Tout le monde veut échapper à une mauvaise situation.

J. : À quel point êtes-vous impliqué dans la production de l'anime Radiant ?

T. : Je suis consultant pour l'univers Radiant et chaque semaine, ils m'envoient un script à lire et à commenter. Ils m'envoient chaque design pour que je puisse l'éditer et le corriger. Ils sont très transparents avec les process. Par contre, je n'écris ni ne dessine. Je commente ce qu'ils font pour m'assurer qu'ils suivent l'histoire. Et je peux vous dire que ce sont des experts de l'univers de Radiant.

J. : Dans l'anime, y aura-t-il des différences par rapport à votre manga ?

T. : Certains épisodes sont complètement originaux. La première moitié de la saison est une réécriture du premier volume alors ce n'est pas une adaptation exacte de ce que j'ai écrit. Cependant, le second arc est plus fidèle au manga. Les points principaux de l'intrigue et les répliques les plus importantes sont les mêmes mais certains détails sont différents. Les personnages n'apparaissent pas de la même manière ni ne parlent comme dans le manga. Dragunov a aussi tout un épisode qui lui ai dédié et j'ai l'impression que son comédien de doublage est assez connu. L'équipe a essayé de construire un univers et des personnages destinés à une audience plus jeune.

J. : Le réalisateur, Seiji Kishi, est un artiste prolifique qui a travaillé sur tout un tas d'autres anime, parmi lesquels Yuki Yuuna est un héros, l'anime Persona et le futur Kengan Ashura. Avez-vous eu votre mot à dire dans cette décision d'en faire le réalisateur de la série ou c'est un choix du seul comité de production ?

T. : Quand le réalisateur m'a parlé de l'équipe qu'il avait rassemblée autour du projet, il m'a dit à quel point il voulait travailler avec ces gens. Si NHK lui donnait le feu vert, alors ce serait avec cette équipe qu'il travaillerait. Je ne les connaissais pas vraiment mis à part le fait que beaucoup d'entre eux avait travaillé sur Assassination Classroom. Je ne connais pas trop les réalisateurs et scénaristes talentueux qui travaillent pour l'anime mais j'aime beaucoup l'équipe maintenant que je les connais.

J. : Comment vos fans français ont accueilli votre succès ?

T. : Ils me soutiennent beaucoup et sont très excités. J'espère qu'ils vont aimer l'anime même si c'est différent du manga. Les gens n'aiment pas quand c'est différent mais je leur ai dit que l'anime le serait et certains vont probablement rester fidèles au manga.

J. : Y a-t-il quelque chose que vous aimeriez dire à vos fans ?

T. : J'espère que mes fans aimeront Radiant sous toutes ses formes que ce soit en manga ou en anime. Et j'aimerais que les fans aiment Radiant non pas juste comme un manga français mais comme une histoire à apprécier. Si vous ne l'aimez pas, ce n'est pas grave. J'ai hâte de voir votre réaction.

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Radiant

Bande Annonce

Radiant

Épisode 1

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