vendredi 9 février 2018

Produire des DVD et Blu-ray ou les secrets de l'authoring !

par Maxime Passionnés, passionnées, c'est à vous que je m'adresse. Et si toi, tu es moins passionné(e)... Viens me voir. La passion, c'est contagieux !

Produire des DVD et Blu-ray ou les secrets de l'authoring !

Bonjour !

Est-ce que vous vous êtes déjà demandé comment étaient faits les menus des DVD et des Blu-ray que vous achetez chez Kazé ?

Si ça vous intéresse, n'hésitez pas à lire la suite de cet article car il est pour vous ! Promis je vais essayer de ne pas trop rentrer dans les termes techniques, mais dans un premier temps il va quand même falloir expliquer quelques détails...

© K. Horikoshi / Shueisha, My Hero Academia Project
I. PAL et NTSC sont dans un bateau. 1,024 images tombent à l'eau, qui reste-t-il ?

Pourquoi vous expliquer la différence entre le PAL (25 images / seconde) et le NTSC (23,976 images / seconde) ?

Et bien pour plusieurs raisons :

  1. Le PAL est plus rapide : c'est pour ça que les DVD de nos animés sont plus rapides que les DVD japonais ou américain !
  2. Le NTSC est la cadence d'image qui nous est envoyée du Japon : c'est pour cela que nous devons traiter l'image pour sortir un DVD en France
  3. Parce que je risque d'en parler assez régulièrement dans cet article, donc c'est important que vous suiviez bien. wink

Pour votre gouverne, voici la carte NTSC/PAL. Le SECAM... Je vous laisse le soin de le découvrir par vous même ;-)

 

Un autre exemple serait le dernier jeu vidéo trop classe que vous avez importé du Japon ou des U.S. mais qui nécessite un adapteur pour que ça fonctionne correctement sur la vieille télé de mamie.

Bon, mais à quoi ça vous sert de savoir ça ? Et bien ça sert à un peu mieux cerner comment les vidéos seront traitées avant qu'elles ne deviennent un box DVD ! Car oui, un projet compte 80% de préparation avant d'attaquer la pratique.

II. Nettoyage et préparation

En parlant de préparation, il existe plusieurs cas de figure auxquels nous pouvons être confrontés lorsque nous recevons les vidéos :

  1. Les coupures pubs : imaginez 1 à 3 secondes d'écran noir. Comme une coupure pub, aux moment cruciaux évidemment ! Et s'il n'y en avait qu'une... Il faut donc vérifier intégralement tous les épisodes (oh non...) pour les supprimer et faire un montage propre !
  2. La localisation : vous avez remarqué dans One Punch Man, Yokaï Watch, Bleach ou Sailor Moon Crystal ? Non ? Les Opening/Ending sont écrits en français ! Parfois même on va encore plus loin et c'est carrément le nom des magasins, des textes ou des villes qui sont remplacés directement dans l'image ! C'est donc à nous de remplacer les petites séquences japonaises par des séquences où le texte à l'image est écrit en français.
  3. Un bug à l'image ou un trou dans le son
  4. Des images non conformes (résolution ou fréquence d'image...)
  5. Des pistes audio séparées pour la Surround. Par exemple, le rajout de la basse dans le bluray de Heavy Object...
  6. Le traitement d'image pour la restauration d'image : pour assurer le passage de la SD à la HD, ou, quand la vidéo est trop vieille et qu'il reste des marques du montage sur pellicule (scotch, coulure, cheveux, poussières...) à enlever.
©Ototachibana, KADOKAWA/SHONEN MAID PARTNERS

C'est uniquement une fois que ces éléments sont vérifiés, travaillés et validés que nous pouvons enfin encoder les fichiers afin que les équipes de repérage / Sous-titrage (cf article de Corentin) peuvent commencer leur tâche.
En parallèle, nous pouvons donc enfin encoder nos fichiers pour avoir du contenu à mettre dans nos DVD !

III. Encodage et transcodage

Pour passer du NTSC au PAL (dont nous avons parlé plus haut), il va falloir accélérer la vidéo. Mais la grande question qui se pose, c'est de savoir comment créer ces fameuses 1,024 images qu'il manque ? Rien de plus simple, vous voyez la fusion entre Végéta et Goku ? Imaginez la même chose entre la 23ème et la 25ème image et hop, après un flash lumineux, on arrive à passer du NTSC au PAL !

Bon, en vrai c'est un peu plus compliqué, mais c'est la première étape du traitement de l'image avant de pouvoir changer le format natif (voir partie 2) en format pour le DVD. Cette étape s'appelle le transcodage car la vidéo passe d'une fréquence d'image à une autre.

© K. Horikoshi / Shueisha, My Hero Academia Project

La différence avec l'encodage ? C'est très simple à comprendre : l'encodage, c'est le nom donné pour le passage d'un format à un autre. Sans forcement toucher à la fréquence d'image.
Par exemple, passer d'un fichier .avi à un fichier .mov est un encodage.
Il existe un nombre assez conséquent d'encapsuleurs (.mkv, .mp4, .m2v, .mov, .mpg, .avi, .mxf, .264...), et un nombre encore plus conséquent de codecs (H264, Apple Pro Pres, DivX, XDCAM, DNxHD...), et chacun a son utilité qui lui est propre.
Savoir choisir quel encapsuleur et quel codec utiliser pour gérer les différentes demandes est indispensable, sans quoi... Et bien au pire le logiciel n'acceptera pas le fichier, au mieux le rendu final ne sera pas très regardable.

Une fois donc, que les préparatifs sont finis et que les encodages sont faits, il ne manque que les interfaces graphiques des menus et boutons du DVD pour enfin attaquer l'authoring !

© K. Horikoshi / Shueisha, My Hero Academia Project
IV. L'authoring

L'authoring, ou la compilation du DVD, peut s'imager comme un puzzle. Chaque pièce du puzzle représente un élément du DVD.

Voici le nombre de pièces qu'il faut pour, par exemple, la 1ere Box d'Initial D :

  • 39 épisodes SD
  • 78 fichiers de sous-titres (Pour la VO et la VF)
  • 78 fichiers audio (Pareil, VO et VF)
  • 25 menus au total
  • 8 DVD
  • Beaucoup de boutons
  • Beaucoup de variables
Maintenant que nous avons nos 228 éléments, le puzzle commence !
© SHIROBAKO PROJECT

En premier lieu on commence par les coins du cadre : il faut importer toutes les pistes vidéos et audio ainsi que toutes les interfaces graphiques dans le projet.

Ensuite, continuer avec les bords : créer les menus (principal, bonus, épisodes, audio...) et y intégrer les éléments graphiques qui leur sont propres.

Ensuite, créer les pistes des épisodes dans lesquels on intégrera les vidéos, le(s) audio(s), et les sous-titres.

Enfin, lier le tout avec les bonnes pièces : chaque bouton à une action spécifique définie par une variable. Ne fuyez pas à cause de cette dernière phrase ! Si par exemple vous avez appuyé sur VF dans le menu audio, le DVD s'en souviendra grâce à une variable lorsque vous lancerez votre film ! Et ça vaut aussi bien pour le bouton tout lire qui permettra de lire toutes les vidéos à la suite que pour le bouton EP02, qui vous fera revenir sur le menu des épisodes où vous l'avez sélectionné en premier lieu.

© K. Horikoshi / Shueisha, My Hero Academia Project

Pour la pièce finale : s'assurer que toutes les pistes du projet soient bien verrouillées. Quand je dis bien, ce n'est pas intégralement.

Pour l'audio, voilà pourquoi vous ne pouvez pas le changer pendant la lecture avec votre télécommande : vous êtes obligés de repasser par le menu principal si vous voulez changer votre audio.

Pour les retours menus par contre, je ne vais pas vous forcer à faire chapitre suivant 5 ou 6 fois si vous voulez choisir un autre épisode. Ni une vingtaine de fois si vous êtes au milieu du tout lire ! C'est beaucoup plus simple d'appuyer sur un simple bouton qui vous ramènera sur la sélection que vous aviez effectuée depuis un menu !

Une fois que l'authoring est prêt, le travail n'est pas fini ! Malgré le travail incroyable fourni par notre équipe de sous-titrage, et malgré les efforts continus fournis par nos machines pour encoder les fichiers, cela peut arriver qu'une coquille ou un drop se glisse dans nos DVD. C'est pour cela que chacune des versions de nos épisodes (VF et VO) sont vérifiées intégralement ! Nous regardons Kuroko's Basket intégralement, DEUX FOIS, pour être sûr et certain qu'aucun bug ne se soit glissé dans cette si belle série ! Car il ne faut laisser aucune miette, auquel cas vous verriez ça à l'écran :

Et je vous laisse imaginer ce qui se passe au niveau du son lorsqu'on a ça à l'image !

Une fois le retour de vérification fait, les corrections peuvent être appliquées, ce qui permet d'avoir un produit presque fini. Car il faut ensuite graver des DVD spéciaux pour le pressage des milliers d'exemplaires que vous trouverez en magasin quelques mois après.

 

Et voilà ! Vous savez tout ! wink

Les anime à voir après avoir lu cet article

Bleach, Film 1

FILM

Initial D 6th Stage (Final Stage)

Épisode 1

Articles similaires

La saison 2 d'OPM se précise

La saison 2 d'OPM se précise

par Eloïse
publié il y a 10 mois

Les + populaires

La saison 2 d'OPM se précise

La saison 2 d'OPM se précise

par Eloïse
publié il y a 10 mois