mardi 13 septembre 2016

Simulcast et Sous-titrage

par Corentin Une dégaine incomparable, un boulot trop classe, et une passion sans borne, voilà mes trois principales qualités !

Simulcast et Sous-titrage

Vous vous demandez comment sont sous-titrés les anime disponibles sur ADN ? Qui les traduit ? Quels logiciels utilisons-nous ? Quels sont nos délais pour le simulcast ? Alors installez-vous et prenez donc un peu de temps pour lire ce qui suit et découvrir le chemin emprunté par chaque série. Pour rendre ce petit dossier aussi clair que possible, nous l'illustrerons avec des exemples très concrets comme Red Eyes Sword - Akame ga Kill, Nisekoi ou encore Magi ! Entrez dans les dessous du sous-titrage made in ADN !

Avant toute chose, il faut savoir que la traduction s'exerce dans la grande majorité des cas en freelance, ce statut permettant une meilleure flexibilité tant pour le client (ADN) que pour le traducteur. Le temps est un des éléments centraux de la production ; dans l'optique du simulcast par exemple, la flexibilité susnommée est un facteur majeur, tant le planning qu'implique ce type de diffusion est serré.

Le choix du traducteur

Le choix d'un traducteur approprié à l'œuvre est primordial pour maximiser la qualité du sous-titrage. Dans le cas d'une adaptation, notre premier réflexe est, sauf exception, de proposer la traduction de la série au traducteur de l'œuvre originale (un manga, dans la grande majorité des cas) si celle-ci est disponible en France. À titre d'exemple, les versions manga et anime de Nisekoi sont traduites par la même personne.

 

Si le traducteur n'est pas disponible ou ne souhaite pas faire de sous-titrage, nous choisissons alors au sein de notre carnet de traducteurs testés celui ou celle qui correspondra le mieux à la série.

En effet, chaque personne a une affinité plus ou moins marquée avec différents univers ou genres. Un traducteur fan de science-fiction aura plus d'aisance et de connaissances pour produire un meilleur travail sur des séries comme M3 ou Psycho-Pass plutôt que sur des comédies comme Survival Game Club ou Soul Eater Not!. Par ailleurs, cette dernière aura eu la chance de bénéficier des soins du même traducteur que sa série-mère, Soul Eater.

 

Et donc, si le traducteur du manga n'est pas dispo, vous faites de l'impro ?

Bien sûr que non. Il est important de faire en sorte que les lecteurs du manga puissent passer à l'anime, et vice-versa, sans trop perdre leurs répères.

Revenons à Akame ga Kill : l'anime est édité chez Kazé ; le manga, chez Kurokawa. Chaque équipe de traduction est complètement différente, mais malgré cela, une véritable collaboration s'est mise en place pour que les deux adaptations correspondent au maximum.

 

Ainsi, pour chaque épisode, le coordinateur de traduction a mis en relation les traducteurs des versions papier et animée pour toutes les questions relatives aux transcriptions des noms, des attaques, aux relations des protagonistes (tutoiement, vouvoiement) ou bien à la traduction pure. Un document appelé bible (ou encore naming list) est créé suite aux discussions entre ces 3 personnes.

Cette bible n'a jamais aussi bien porté son nom puisqu'elle recense toutes les informations clés pour que chacun puisse s'y retrouver à tout moment et rester cohérent sur la durée. Imaginez un peu l'ampleur de certaines séries au long cours telles que Bleach, du nombre de personnages en passant par leurs attaques, et vous aurez une petite idée de l'importance de ce document...

 

Mais Akame ga Kill est loin dêtre un cas isolé. Kuroko's Basket, par exemple, est d'abord sorti chez Kazé Manga avant d'arriver dans sa version animée en simulcast sur ADN (puis en DVD). Logiquement, le manga a servi de base à la traduction de l'anime. Le temps passant, la deuxième saison a pris de l'avance sur la parution du manga en France. Les rôles se sont alors inversés et l'équipe de traduction du manga s'est alignée sur l'adaptation de la série animée, toujours avec ce même souci de collaboration et d'homogénéité.

 

Dernier détail qui a tout de même son importance : le traducteur de l'anime récupère toujours les exemplaires des volumes du manga sortis en France avant de commencer son travail. Objectif : la qualité, toujours la qualité...

 

Mais alors, pourquoi constate-t-on des différences entre le manga et l'anime ? Les traductions devraient être identiques !

Même s'ils racontent la même histoire, un manga et son adaptation en anime sont construits différemment, notamment en termes de rythme. Parfois même, certains passages sont carrément modifiés : écourtés, rallongés, voire même récrits (nos spectateurs assidus d'Akame ga Kill en savent quelque chose). Il en va logiquement de même pour les traductions : les normes de lisibilité entre les deux formats ne sont pas les mêmes et impliquent donc un changement entre les bulles du manga et les sous-titres de l'anime.

 

De nombreux éléments peuvent permettre ou nécessiter d'adapter autrement les dialogues pour le dessin animé : la présence des voix, la mise en scène différente, le contexte plus ou moins défini que dans l'œuvre originale... Autant d'élements qui seront à prendre en compte quand la série démarrera.

OoOoOoO

Voilà, nous sommes prêts à rentrer dans le vif du sujet. Le traducteur est choisi, nous avons éventuellement le matériau d'origine à disposition – le manga, voire plus si affinités – la bible, pour ceux qui n'auraient pas suivi. Les choses sérieuses vont pouvoir commencer... Ne ratez pas le lancement des hostilités... dans très peu de temps ! Il va y avoir du sport !

 

 

Les anime à voir après avoir lu cet article

Kuroko's Basket

Épisode 1

Red Eyes Sword - Akame ga Kill

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