lundi 16 janvier 2017

Ghost In the Shell, Matrix, et si c’était le même film ?

par Sébastien ABDELHAMID Journaliste • Animateur TV • Comédien. Suivre sur Twitter | Facebook

Ghost In the Shell, Matrix, et si c’était le même film ?

La sortie prochaine de l’adaptation live de Ghost in the Shell par Rupert Sanders avec Scarlett Johanson est la parfaite occasion pour revenir sur ce monument du Cyberpunk et son influence. L’histoire est celle d’une femme Cyborg, Motoko Kusunagi, à la solde d’une cyber police futuriste et qui s’interroge sur le sens même de l’existence. Je vous l’accorde, aucun synopsis ne pourra faire honneur à Ghost in the Shell.

Sorti au cinéma en France il y a maintenant 20 ans, l’anime Ghost in the Shell va bénéficier cette année de sa première adaptation live officielle du manga et anime culte. Certains n’ont pourtant pas attendu les années 2010 pour s’en inspirer.

Peu de temps après sa sortie en salle Ghost In the Shell, adaptation du manga éponyme, marquera les esprits (nous ne parlerons présentement que de l’anime). Et certains esprits plus que d’autres, notamment ceux des frères (à l’époque) Wachowsky. Et si quelques artistes ont parfois du mal à admettre certaines influences et inspirations pourtant évidentes, ce n’est pas le cas des Wachowsky concernant l’un de leur plus grand film : Matrix.

De l’aveu même du légendaire producteur Joel Silver, quand les Wachowsky sont venus lui parler du projet Matrix, ils lui ont carrément montré l’anime d'Oshii en disant On veut faire ça, en vrai.

Donc passons toutes supputations inutiles, Ghost In The Shell est bien la source d’inspiration numéro un de Matrix et même plus…

Le terme inspiration est encore trop léger tant Matrix et Ghost In the Shell sont liés. Nous pourrions évoquer l’univers, la cybernétique, la matrice etc… Mais allons même plus loin !

Car oui, il y a plus flagrant que les références scénaristiques, les Wachowsky on assumé l’inspiration jusqu'à parfois faire du copier/coller de certains (très nombreux) plans issus de l’anime. Plus significatifs que les mots, les images !

Nous allons voir à travers ces exemples précis comment Ghost In The Shell est à la base de certaines scènes de Matrix devenues mythiques !

Commençons par le début (logique) et l’écran-titre quelque peu... ressemblant. Evidemment, encore plus flagrant en vidéo, je vous laisse le soin de vérifier par vous-même.

 

Les fameuses lignes de codes si représentatives de Matrix !

 

Le célèbre plug derrière la tête ; dans le crâne pour Neo et le cou pour Motoko. Le plug servant à entrer dans la matrice pour l’un et accéder à des connaissances pour l’autre.

 

Plusieurs scènes d’action de Matrix sont des remake (je suis sympa) de scènes d’action de Ghost in The Shell.

Ces deux scènes sur un marché par exemple sont similaires dans leurs réalisations même si elles ne racontent pas la même chose. C’est aussi à ça que l’on distingue l’hommage du plagiat.

 
 

Et pour terminer, la mort des deux héros.

 

Ces quelques exemples flagrants ne laissent aucune place au doute.

Avec le recul, il est surprenant de voir à quel point un anime tel que Ghost In the Shell a pu influencer une des œuvres majeures du cinéma US au beau milieu des années 90.

En effet, à l’époque, la Japanimation et le Manga n’étaient pas vraiment considérés et plutôt assimilés à de la sous-culture (sic).

En France par exemple, les médias généralistes parlaient depuis déjà plusieurs années de phénomène Manga, pensant que l’engouement pour cette culture allait s’éteindre telle une vulgaire mode.

Aux Etats-Unis la situation était différente puisque le phénomène Manga est apparu un peu plus tard.

Voir un film d’animation sortir dans les salles obscures tant en France qu’aux Etats-Unis est quelque chose d’assez rare à l’époque. Qui plus est, avec un film tel que Ghost In The Shell (son propos étant très philosophique et résolument adulte), sachant que l’animation japonaise est à l’époque plutôt réservée aux enfants.

Réservée aux enfants et parfois qualifiée de manière bien méprisante, notamment par la classe politique. Comme ici avec Ségolène Royal à 4 min 45.

Voilà pourquoi l’influence de Ghost in the Shell sur l’un des blockbuster les plus marquants de la fin des années 90 a de quoi surprendre.

Les frères Wachowsky étant très ouverts, s’intéressant à d’autres cultures, il était inconcevable qu’ils passent à côté de ce pont culturel qu’était Ghost In The Shell.

Sans oublier la sortie en salle quelques années plus tôt du pionnier Akira d'Otomo, film qui sensibilisa plusieurs générations à la Japanimation et influencera lui aussi bon nombre d’œuvres occidentales… Mais ça, c’est une autre histoire et ça tombe bien, je vous en parle bientôt !